Jeudi 7 août 2008
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08:00
Bonjour,
Vous voulez connaître comment j'ai choisi mon pseudo ?
Mon prénom est Martine et j'habite à Marcinelle, en Belgique; j'ai tout simplement fusionné les deux...
D'autre part, vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai affiché un avatar représentant un châssis à molette ? C'est celui du charbonnage du Bois du Cazier à Marcinelle.
Et j'ai choisi ce moment pour rédiger un petit article sur Marcinelle, car ce vendredi 8 août, il y aura 52 ans que ce charbonnage devenait le théâtre d'une terrible catastrophe.
Sur les 274 mineurs descendus au fond ce matin-là, 262 ne remonteront pas vivants : 136 Italiens, 95 Belges, mais aussi d'autres nationalités : Polonais, Grecs, Allemands, Hongrois, Français, Algériens, Hollandais, Anglais et même des Soviétiques.
Comme tous les accidents, c'est arrivé suite à un tragique concours de circonstances.
Une quinzaine de jours après l'accident, les sauveteurs ont arrêté la recherche de survivants. "Tutti cadaveri" ont-ils dit. Plus d'espoir de retrouver une seule personne en vie...
Il faut dire que l'accident s'était produit très profondément (au delà de 1000 mètres), et qu'un incendie important s'y était déclaré. Il suffit de voir des cartes postales de l'époque : une colonne de fumée noire s'élevait du puits, devant les grilles ou patientaient les familles...
Il y avait des mineurs appartenant à une même famille : père et fils (parfois plusieurs), frères, cousins qui ont laissé des mères, des épouses et des enfants dans le deuil et le désarroi. On dit que certains villages d'Italie qui avaient vu partir un grand nombre de leurs hommes pour venir travailler dans nos charbonnages (les femmes étaient restées au pays) étaient décimés.
Aujourd'hui, il y a toujours des témoins de cette catastrophe, ainsi que de nombreuses familles orphelines.
D'autre part, le site, qui a continué à fonctionner encore une dizaine d'années après la catastrophe et puis qui a connu plusieurs années d'abandon est actuellement magnifiquement restauré et est devenu un musée portant sur le passé charbonnier ainsi que de l'industrie de la région. Sans avoir eu de mineur dans ma famille, je peux vous assurer qu'on ne franchit pas l'entrée du site et des bâtiments sans ressentir une émotion. Même si c'est pour y assister à un événement agréable tel que, par exemple, une exposition d'orchidées.
Cette catastrophe, parmi d'autres, a contribué à la prise de conscience des conditions de travail des mineurs et des travailleurs en général, ainsi que des risques encourus et des précautions à prendre pour éviter les d'accidents du travail.
Je vous invite à faire un tour sur le site internet link . Mais il y a une multitude d'autres sites intéressants sur le même sujet. J'apprécie aussi celui sur les terrils, tant sur le plan "histoire" de l'extraction minière que sur le "plan esthétique et nature" des terrils - eh oui ! Voici le lien : link
A proximité du carreau de la mine, le terril a été aménagé afin de pouvoir le gravir en promenade sans danger; à son sommet, une plate-forme offre la possibilité de contempler à l'aise la région et la vue porte très loin : d'autres terrils, la ville de Charleroi, les communes environnantes, les usines (principalement métallurgiques), mais ce qui me frappe, c'est la quantité d'espaces boisés, toute cette verdure qui ceinture la ville, on ne se l'imagine pas d'en bas !
Vue d'en haut, la région me semble bien plus belle que d'en bas...
Voilà, pour le moment, je m'en tiens à celà. Je vous entretiendrai ultérieurement d'autres aspects de ma région, mais je me sentais poussée à écrire cet article sans autre prétention que celle d'entretenir le souvenir et de rendre hommage à toutes ces victimes du travail, d'ici ou d'ailleurs, d'hier ou de maintenant, ainsi qu'à leurs familles.
A bientôt, avec d'autres sujets moins tristes...
Martinelle.
Pour terminer, un site qui nous montre de très belles vues actuelles de Marcinelle ainsi que de Charleroi - à voir : link
Vous voulez connaître comment j'ai choisi mon pseudo ?
Mon prénom est Martine et j'habite à Marcinelle, en Belgique; j'ai tout simplement fusionné les deux...
D'autre part, vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai affiché un avatar représentant un châssis à molette ? C'est celui du charbonnage du Bois du Cazier à Marcinelle.
Et j'ai choisi ce moment pour rédiger un petit article sur Marcinelle, car ce vendredi 8 août, il y aura 52 ans que ce charbonnage devenait le théâtre d'une terrible catastrophe.
Sur les 274 mineurs descendus au fond ce matin-là, 262 ne remonteront pas vivants : 136 Italiens, 95 Belges, mais aussi d'autres nationalités : Polonais, Grecs, Allemands, Hongrois, Français, Algériens, Hollandais, Anglais et même des Soviétiques.
Comme tous les accidents, c'est arrivé suite à un tragique concours de circonstances.
Une quinzaine de jours après l'accident, les sauveteurs ont arrêté la recherche de survivants. "Tutti cadaveri" ont-ils dit. Plus d'espoir de retrouver une seule personne en vie...
Il faut dire que l'accident s'était produit très profondément (au delà de 1000 mètres), et qu'un incendie important s'y était déclaré. Il suffit de voir des cartes postales de l'époque : une colonne de fumée noire s'élevait du puits, devant les grilles ou patientaient les familles...
Il y avait des mineurs appartenant à une même famille : père et fils (parfois plusieurs), frères, cousins qui ont laissé des mères, des épouses et des enfants dans le deuil et le désarroi. On dit que certains villages d'Italie qui avaient vu partir un grand nombre de leurs hommes pour venir travailler dans nos charbonnages (les femmes étaient restées au pays) étaient décimés.
Aujourd'hui, il y a toujours des témoins de cette catastrophe, ainsi que de nombreuses familles orphelines.
D'autre part, le site, qui a continué à fonctionner encore une dizaine d'années après la catastrophe et puis qui a connu plusieurs années d'abandon est actuellement magnifiquement restauré et est devenu un musée portant sur le passé charbonnier ainsi que de l'industrie de la région. Sans avoir eu de mineur dans ma famille, je peux vous assurer qu'on ne franchit pas l'entrée du site et des bâtiments sans ressentir une émotion. Même si c'est pour y assister à un événement agréable tel que, par exemple, une exposition d'orchidées.
Cette catastrophe, parmi d'autres, a contribué à la prise de conscience des conditions de travail des mineurs et des travailleurs en général, ainsi que des risques encourus et des précautions à prendre pour éviter les d'accidents du travail.
Je vous invite à faire un tour sur le site internet link . Mais il y a une multitude d'autres sites intéressants sur le même sujet. J'apprécie aussi celui sur les terrils, tant sur le plan "histoire" de l'extraction minière que sur le "plan esthétique et nature" des terrils - eh oui ! Voici le lien : link
A proximité du carreau de la mine, le terril a été aménagé afin de pouvoir le gravir en promenade sans danger; à son sommet, une plate-forme offre la possibilité de contempler à l'aise la région et la vue porte très loin : d'autres terrils, la ville de Charleroi, les communes environnantes, les usines (principalement métallurgiques), mais ce qui me frappe, c'est la quantité d'espaces boisés, toute cette verdure qui ceinture la ville, on ne se l'imagine pas d'en bas !
Vue d'en haut, la région me semble bien plus belle que d'en bas...
Voilà, pour le moment, je m'en tiens à celà. Je vous entretiendrai ultérieurement d'autres aspects de ma région, mais je me sentais poussée à écrire cet article sans autre prétention que celle d'entretenir le souvenir et de rendre hommage à toutes ces victimes du travail, d'ici ou d'ailleurs, d'hier ou de maintenant, ainsi qu'à leurs familles.
A bientôt, avec d'autres sujets moins tristes...
Martinelle.
Pour terminer, un site qui nous montre de très belles vues actuelles de Marcinelle ainsi que de Charleroi - à voir : link
